Ecrire pour moi
c’est…

Au charbon !
 
Ecrire pour moi, c’est combler le vide de l’instant, se fouiller la cervelle pour remonter à la surface une anecdote si possible amusante, comme le mineur extrait le diamant de la roche, avec beaucoup d’efforts, de sueur, de labeur. J’essaie d’être à la hauteur mais il faut bien se rendre à l’évidence: ce ne sont que des gribouillages modestes. Il faudrait que j’y mette beaucoup plus d’application, que j’y consacre surtout beaucoup plus de temps. Néanmoins mes participations à l’atelier d’écriture me procurent au final beaucoup de joie, j’exulte même à la sortie !
Avec le temps, la graine semée par Stéphanie, notre animatrice, va peut-être germer, et je ne pourrais bientôt peut-être plus me passer d’écrire, chaque jour que Dieu fait, au fond de mon lit le soir avant d’éteindre la lumière.
Et alors ce sera comme le joaillier qui polit la turquoise, mon esprit affûté pourra se mettre à écrire plus facilement et plus vite…
 
Anne 
 

 
Journal intime
 

Ecrire, pour moi c’est… une nouvelle expérience ! Domaine vierge, le grand vide depuis mes rédactions de lycéenne. Enfin si, j’ai quand même tenu un journal intime adolescente. Où est-il d’ailleurs ce journal ? Il y a des chances qu’il soit dans le tiroir de la grande armoire à glace dans mon ancienne chambre chez mes parents… Intime, c’est le mot. Des choses irracontables, j’en serais morte de honte à l’époque si quelqu’un l’avait lu ! Ce ne sont pas tant les quelques gribouillages qui auraient pu choquer, mais plutôt les multiples détails dans lesquels je rentrais pour décrire mes premiers émois amoureux. Je ressens encore la joie de noircir des pages et des pages d’impudeur, à tel point que me laissant emporter je devais rajouter des épisodes aussi croustillants qu’imaginaires… Je me sentais graine de romancière, encore plus douée que les auteurs de livres à l’eau de rose que je dévorais alors. Je déployais des trésors d’imagination pour ensuite cacher ledit journal en lieu sûr, loin des yeux de mes parents pourtant respectueux de mon intimité. Quel choc pour eux s’ils venaient à l’ouvrir… D’ailleurs, il faudrait que je remette la main sur ce journal. Mais ma mère a tout rangé, tout trié quand elle a décidé de refaire cette chambre en turquoise du sol au plafond. C’est très tendance le turquoise… Elle a bien dû le trouver ce journal. Et avec si discrètement inscrit « Journal Intime – Interdiction d’ouvrir », comment aura-t-elle pu résister ? Oh là là, mais donc c’est certain, oui, elle l’a lu ! Quelle honte, quelle honte, quelle honte… Que doit-elle penser de moi ?  Je ne vais plus jamais pouvoir la regarder en face. En gros, soit je coupe les ponts avec elle pour ne plus avoir à soutenir son regard, soit je me décide à lui en parler. Bon, réfléchissons, comment aborder le sujet avec elle… Peut-être en lui rappelant ma période « Anne Franck » comme disaient mes parents, taquins sur mon journal intime ? Oui, par sa célébrité, Anne Franck a ensuite pris l’avantage sur les romans à l’eau de rose. Je rêvais d’être publiée moi aussi, mais de mon vivant. Ça me rappelle que… et bien oui, justement, en prévision de cette célébrité, j’avais corrigé et réécrit entièrement mon journal intime, prenant soin de n’y laisser que des choses avouables au monde entier, me montrant autant à mon avantage que possible. D’ailleurs, si ma mère l’a lu, elle a sûrement envoyé ce chef d’œuvre littéraire directement à un éditeur. Bizarre que personne ne m’ait contactée… Je vais attendre, ça ne devrait pas tarder…

Julie

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