Patchwork des ateliers du mardi

Soul train

J’ai toujours détesté les gares.

Trop de monde, de bruit, de fourmillements, de flics, de gosses, de valises, ça me fiche le tournis !

Ces horaires qui ne s’affichent jamais… on attend comme des cons devant le panneau, on attend grave…

Le stress ; parce que moi, je suis toujours en avance : Ne pas louper le train ne pas louper le train ne pas louper le train ne pas louper ton train !! Si tu loupes ton train Ah là c’est grave tu rates tout, tu loupes une marche, bien fait pour toi fallait pas louper le  train ! ton train !

Celui-ci par exemple, il m’emmène bien quelque part… je me suis donc assise, siège 42B, coté fenêtre, ouf c’est mieux. Pourvu qu’il n’y ait personne à côté de moi… pas de mioche qui remue, qui chougne, pas d’ado dédaigneux, pleaaaaase personne… pour me laisser rêver, pour me laisser partir…  4 heures durant, 4 heures de paysages SNCF, 4 heures de mal au bide,  4 heures hors du temps, 4 heures entre parenthèses… mais 4 heures pour moi.

Je me colle au carreau froid, mais c’est quoi cette sonnerie de malade !! ? Le train s’arrête mais nan moi j’ai pas le temps de m’arrêter, c’est déjà si long, si lourd,..  je ferme les yeux sur le silence du moteur.  Est-ce que je me suis pas trompée de sens, de train, de vie…

Je fais quoi je descends, je repars d’où je viens ?

J’ai tout quitté, mon boulot, mon mec, ma ville, mon pays.

Cécile D.


Je me souviens…

Je me souviens du jour de la chute du mur de Berlin et du concert donné par ce grand violoncelliste dont je ne me souviens plus le nom. Je me souviens du sentiment de joie face à un passé révolu et de crainte face à un avenir incertain. Je me souviens des barricades et des embrassades. Cette chute rappelle la guerre, celle qu’on voulait être la dernière, pourtant il y en a eu d’autres, encore jusqu’à aujourd’hui. Il y avait des journalistes, la télévision ce jour-là, c’est grâce à cela que je m’en souviens. Aujourd’hui, c’est comme hier, l’histoire se répète… je ne sais plus ce que j’ai vécu ou pas vécu.

Manon G.


Je n’ai pas de tabou

Je n’ai pas de tabou. Parlez-moi du beau temps, je vous en parlerai aussi. Donnez-moi votre opinion, je vous donnerai la mienne. Montrez-moi qui vous êtes, je vous montrerai le vrai, l’authentique, plus que tout autre je ne crains rien.

A quoi bon cacher ses sentiments ou retenir ses actions ? Donner le change, prétendre, c’est prendre le risque de s’égarer et perdre le fil de sa destinée. Je veux être mon propre maître. Je veux même plus : je veux être le vôtre. Je veux vous inspirer, vous insuffler la vie, l’aventure, l’amour… Je veux devenir votre pygmalion, vous sortir de cette cage où vous hibernez depuis si longtemps et vous sentir vibrer. Je ne demande aucune permission, j’ose, je prends.

Mais… vous grelottez ! Avez-vous froid ? Non, vous avez peur. Peur de votre libre-arbitre ou peur de moi ? Peur de vous perdre en moi peut-être. Pourtant n’ayez crainte, vous êtes ma muse.

Anne-Sophie


Dans cette famille, parler de ses sentiments était tabou. C’est bien simple, déjà les enfants n’avaient pas le droit de parler à table. Seuls les parents avaient le droit de s’exprimer. Le père, grand conteur, se répandait sur son activité de la journée, décrivant par le menu les mille et un détails de sa vie de travail, ses déplacements, ses relations avec ses collègues. La mère écoutait, moins loquace quant à elle, distribuait les taloches aux enfants ne tenant pas en place.

A partir de ce schéma familial, qu’allait être la destinée de ces rejetons ? En rébellion contre l’autorité à  l’âge de l’adolescence ? De la graine de vaurien pour les maisons de correction ? Allaient-ils devenir des inadaptés sociaux, incapables de fonder une famille ou reproduire le schéma parental ? Les filles de la famille allaient-elles rechercher toute leur vie leur pygmalion, incapable de vivre par elles-même, gavées durant leur enfance de contes et légendes ? Allaient-elles hiberner jusqu’à la rencontre tant espérée du Prince charmant qui les réveilleraient de leur vie monotone et grise ?

Mais la vie étant ainsi faite, en grandissant, elles s’apercevraient qu’elles devaient se défaire des habits de ce doux et anesthésiant conformisme et s’habituer tranquillement à grelotter en découvrant que le roi est nu…

Anne

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